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Hans Bouman

Invité spécial

 

   

 


 

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Cette oeuvre est disponible en dvd de qualité HF (nous contacter).


Distribution

Bernadette Mercier, cantatrice
Claude Sorin, lectrice
avec les oeuvres de Sophie Sainrapt, artiste peintre

Hans Bouman, plasticien réalisateur

 

Les symboliques
Il n'est certes pas toujours souhaitable d'en parler tant chacun a sa lecture. C'est donc à titre personnel et en tant que coordinateur que je tenterais de souligner à quel point l'oeuvre de Hans Bouman, en créant selon moi un doute salutaire (voir ci-contre), ne se contente pas de questionner un sujet.

 

Sophie Sainrapt nous rappelle, dans le cadre de cette session, le lien entre sexualité et maternité et joue avec humour sur des modes de représentation entrant en contraste avec les sujets évoqués.
Mozart affirme, scande littéralement, si l'on veut faire une métaphore à la manière d'un physicien moderne, que le vide obscur est l'indispensable milieu de propagation de la lumière. C'est le mal portant le bien, c'est Lucifer, celui qui porte la lumière, etc. Mais de ces éléments binaires, Hans crée un trouble grâce à un confondant dialogue entre réel et virtuel.

Nous sommes là en présence de paires que l'on sait indissociables mais dont l'appariement demeure à chaque fois troublant au moment où l'antagonisme s'estompe, vaporisé presque par magie par une improbable force d'union, peut-être celle que Freud nommait Eros.

 

 

Emmanuel Luc (*)

 

Les lauriers d'Eros
Oeuvre vidéo

 

Hans Bouman fait intervenir dans cette oeuvre plusieurs dimensions de temporalité et de spatialité, de réalité et de virtualité, d'ombre et de lumière. Avant d'en évoquer brièvement les symboliques, il ne semble pas inutile d'en narrer la genèse, qui sort de l'ordinaire.

 

Premier temps
L'artiste réalise une vidéo reprenant des images d"oeuvres de Sophie Sainrapt, des gravures peintes illustrant des poèmes de Georges Bataille.

Parallèlement, il a recours à une lectrice, Claude Sorin, qui lit des extraits choisis de ces textes.

 

Second temps
Le plasticien demande à la cantatrice Bernadette Mercier de chanter l'un des deux airs de la Reine de la Nuit (in La flûte enchantée, Mozart). Air lumineux, éclatant, porté par un personnage obscur et malveillant. Dans son atelier transformé en studio d'enregistrement, il projette sur elle sa vidéo et la filme.

 

Troisième temps
Lors de la Nuit de Walesgal 2008, session inaugurale nommée « L'origine du monde », notre cantatrice intervient cette fois en réel et suivant une autre mise en scène. Elle est cette fois encore filmée.

Bernadette Mercier, restant dans l'ombre, chante mais n'apparaît pas tout de suite au public. Les spectateurs croient d'abord qu'il s'agit d'un playback. Impression détruite ensuite par l'entrée de la Reine dans le faisceau du projecteur, où elle semble cependant trouble et irréelle puisque superposée à la vidéo, donc, entre autres éléments, à sa propre image. Le public, après le spectacle, s'interrogeait sur ce qu'il avait réellement vu et entendu.

Hans Bouman est ainsi parvenu à instiller un troublant doute, doute et trouble qui sont l'objet et le sujet de la Nuit, calquée sur la nuit de Walpurgis, tradition où êtres vivants et esprits se rencontrent.

 

Quatrième temps
Le plasticien réalise la vidéo finale, de « troisième génération », intégrant les précédentes.

Il imprime quelques instantanés sur papier photo.