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Le point de vue d'Emmanuel Luc
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Le pari réussi de Konrad Loder
Oui, Konrad Loder a fait un pari. Celui de constituer son œuvre sur une base infime comme par exemple les légers débordements d'une peinture sur une surface quelconque (voir la visite d'atelier, tournée il y a quelques années) en s'aidant du temps et d'une humilité notable quant aux moyens et quant au rejet d'un art velléitaire. Ce n'est pas une couche, deux, dix, cinquante, mais des milliers qu'il applique plus que patiemment, par défi ou par conviction, pour donner à sa peinture (quand il s'agit de peinture, ce n'est pas restrictif) une dimension de sculpture au développement pratiquement incontrôlable, in fine aux allures du vivant, sans doute parce que à la clé de cette démarche se trouvent les principes même du chaos, de l'ordre et de leur imbrication. Il s'agit d'une méthodologie artistique. Oui, on peut parvenir à susciter une émotion esthétique, à faire s'épanouir un discours plastique non dénué de force (l'affiche de l'expo veut en témoigner) en renonçant à des effets immédiats, en pariant sur le presque rien, à savoir quelques règles et beaucoup de chaos. Notons au passage que cette exposition, pour n'être que la deuxième dans l'histoire encore courte de Walesgal, n'en est pas moins une innovation. C'est un fait rarissime, peut-être même une première, qu'un artiste livre à une galerie web une exposition informatique élaborée par lui en personne.
Emmanuel Luc
Juin 2008
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